Quand une opération relève-t-elle des travaux ou services en cours ?
L’entreprise a commencé à produire un bien, à réaliser des travaux ou à fournir une prestation, mais le stade contractuel qui rend le produit acquis n’est pas encore atteint. Le simple fait que la facture soit absente ne suffit pas : une prestation achevée et acquise peut relever d’une facture à établir au compte 4181, tandis qu’un travail encore inachevé peut relever d’un en-cours.
Dans les contrats à long terme, la méthode retenue pour reconnaître le résultat — à l’achèvement ou à l’avancement — influe sur la part des coûts et produits déjà passée en résultat. N’inscrivez pas en en-cours une fraction de coût déjà rattachée à un produit reconnu à l’avancement. Le PCG 2026, articles 622-2 à 622-6 expose les deux méthodes ; le présent cas utilise la méthode à l’achèvement.
| Situation à la clôture | Compte à examiner | Base de l’écriture |
|---|---|---|
| Travaux de production non terminés | 335 / 7133 | Coût de production des travaux en cours. |
| Prestation de services non terminée | 345 / 7134 | Coût de production du service en cours. |
| Vente ou service achevé, produit acquis mais facture manquante | 4181 | Créance sur le client, selon les règles de la FAE. |
| Acompte déjà reçu pour une prestation future | 4191 | Dette envers le client ; l’acompte ne mesure pas à lui seul l’en-cours. |
Les subdivisions 335 « Travaux en cours », 345 « Prestations de services en cours », 71335 et 71345 figurent dans le plan de comptes 2026. Les comptes généraux 7133 et 7134 sont utilisés ici pour garder l’écriture lisible ; la subdivision appropriée peut être retenue dans la balance détaillée.
Comment valoriser l’en-cours au 31 décembre ?
Une société réalise une étude et une intervention technique pour 45 000 € HT. Le contrat prévoit la remise et l’acceptation d’un livrable unique en janvier N+1 ; au 31 décembre N, le livrable n’est pas achevé et aucune phase autonome n’est acceptée. La société applique la méthode à l’achèvement. Les coûts engagés et rattachables au travail réalisé avant le 31 décembre comprennent 20 000 € de main-d’œuvre directe, 6 000 € de fournitures consommées et 4 000 € de frais indirects de production correctement répartis.
Le coût de l’en-cours est de 30 000 €, pas le prix contractuel de 45 000 € ni une fraction arbitraire de celui-ci. Les charges de personnel, fournitures et frais de production sont déjà comptabilisées par nature ; l’écriture 345/7134 de la réponse courte neutralise leur effet sur le résultat de N pour la partie encore en cours.
Le PCG, article 213-32 retient les coûts directement liés aux unités produites et une affectation systématique des frais généraux de production. Le BOFiP sur l’évaluation des travaux en cours, § 1 à 20 rappelle l’évaluation au coût de revient. Excluez les dépenses sans lien démontrable avec l’exécution de ce dossier et conservez une méthode de répartition reproductible.
Et pour un chantier suivi au compte 335 ?
Si un chantier de production de biens comprend 30 000 € de coûts engagés à la clôture dans les mêmes conditions d’inachèvement, l’écriture correspondante est :
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 335 | Travaux en cours | 30 000 € | |
| 7133 | Variation des en-cours de biens | 30 000 € |
Le choix 33 ou 34 dépend de la nature de la production suivie, pas uniquement du mot « chantier » utilisé dans le contrat. La comptabilité analytique et le dossier de clôture doivent permettre de relier chaque coût au projet.
Comment annuler l’en-cours à l’exercice suivant ?
Le PCG prévoit l’annulation de l’en-cours initial, puis la constatation de l’en-cours final après inventaire. Pour la prestation de l’exemple, à l’ouverture de N+1 :
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 7134 | Annulation de l’en-cours initial | 30 000 € | |
| 345 | Prestations en cours | 30 000 € |
Lorsque le livrable est achevé et que le produit devient acquis, la facture de 45 000 € HT est comptabilisée normalement au compte de vente de services, avec sa TVA selon le régime applicable. Le résultat global du contrat est alors déterminé par 45 000 € de produit moins les coûts totaux du projet ; la variation négative de l’en-cours initial évite que les 30 000 € stockés en N restent à l’actif une fois l’opération terminée. PCG, fonctionnement des comptes 33, 34 et 713.
Quels contrôles faire avant d’arrêter les comptes ?
- Dressez la liste des dossiers réellement inachevés au 31 décembre, avec contrat, état d’avancement et pièces de production.
- Réconciliez les coûts retenus avec les journaux de paie, achats, sous-traitance et imputations analytiques ; contrôlez leur date et leur rattachement.
- Séparez les coûts déjà pris en résultat au titre d’une phase reconnue à l’avancement, les éventuelles FAE et les en-cours encore présents.
- Contrôlez la valeur recouvrable et le risque de perte du contrat. Une perte à terminaison au compte 1516 demande une analyse distincte ; la provision comptable et sa déductibilité fiscale ne sont pas automatiquement identiques.
- En N+1, vérifiez que l’en-cours initial est annulé une seule fois et que le dossier aboutit à une facture, une nouvelle valorisation ou une correction documentée.
À retenir : une facture non émise n’est pas une définition de l’en-cours. La question décisive est de savoir ce qui est achevé et quel produit est déjà acquis.
Questions fréquentes
Les travaux en cours sont-ils valorisés au prix de vente ?
Non dans le cas d’en-cours présenté ici : ils sont valorisés à leur coût de production. Le prix de vente sert à analyser le contrat et les éventuelles pertes, pas à gonfler l’actif de la marge future.
Un acompte client remplace-t-il l’inventaire des en-cours ?
Non. Il traduit une somme reçue du client. Son montant peut différer fortement du coût réellement engagé et du degré d’achèvement.
Faut-il ajouter de la TVA à l’écriture 345/7134 ?
Non. Cette écriture d’inventaire porte sur un coût de production interne et ne constitue pas une facture au client. La TVA liée à la facturation et aux encaissements éventuels suit ses règles propres.
Sources officielles
Sources consultées le 23 septembre 2026. Le cas suppose une prestation à livrable unique suivie selon la méthode à l’achèvement.
- ANC — Plan comptable général au 1er janvier 2026 : articles 213-32, 622-2 à 622-6 et fonctionnement des comptes 33, 34 et 713.
- BOFiP — Évaluation des productions et travaux en cours.
- BOFiP — Produits des travaux et prestations de services.
