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Dépréciation d’une immobilisation : compte 291, amortissement et reprise

Calculez une dépréciation, passez les écritures 68162/2915 et révisez l’amortissement. Cas chiffré avec reprise plafonnée et transfert fiscal.

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Dépréciation d’une immobilisation : compte 291, amortissement et reprise
Sommaire de l’article

Quelle écriture passer pour déprécier une machine ?

ExempleUne machine achetée 100 000 € perd de la valeur à la clôture

Une entreprise met en service une machine le 1er janvier N, pour 100 000 €, amortissable en linéaire sur 5 ans, sans valeur résiduelle. En fin de N, la perte d’un débouché conduit à tester sa valeur.

Après l’amortissement annuel de 20 000 €, sa VNC est de 80 000 €. Le dossier d’évaluation retient une valeur vénale nette de 55 000 € et une valeur d’usage de 60 000 €. La durée restante demeure de quatre ans.

La valeur actuelle est ici la plus élevée des deux estimations : 60 000 €. La perte à constater est donc 80 000 − 60 000 = 20 000 €, et non 25 000 €.

À la clôture de N : constater la dépréciation de 20 000 €

CompteLibelléDébitCrédit
68162Dotation pour dépréciation de la machine20 000 €
2915Dépréciation du matériel industriel20 000 €

Le compte 2154 conserve le coût de 100 000 €. Les amortissements cumulés restent à 20 000 € en 28154, subdivision utilisée ici pour cette machine. Le 2915 suit séparément la dépréciation : 100 000 − 20 000 − 20 000 = 60 000 € de VNC.

Le 291 concerne les immobilisations corporelles ; le 2915 vise les installations techniques, matériels et outillages industriels. La dotation relève ici de l’exploitation. PCG 2026, plan de comptes, pages 137 et 146.

Quand faut-il faire un test de dépréciation ?

À chaque clôture, recherchez un indice de perte : baisse du marché, obsolescence, changement d’utilisation ou performances décevantes. Si un indice existe, comparez la VNC à la valeur actuelle, soit le maximum entre valeur vénale nette des coûts de sortie et valeur d’usage. Cette dernière repose notamment sur les flux nets de trésorerie actualisés attendus. Si l’actif ne peut pas être évalué isolément, le test porte sur son groupe d’actifs. PCG, articles 214-6, 214-15 et 214-16.

Pour notre machine, le dossier doit expliquer pourquoi l’usage peut encore apporter 60 000 € malgré une revente estimée à 55 000 €. Un pourcentage forfaitaire appliqué au prix d’achat ne remplace pas cette évaluation.

Si le problème concerne le remplacement d’un moteur identifié séparément, examinez aussi le traitement des immobilisations par composants. Une pièce remplacée et sortie du patrimoine ne se suit pas comme une machine conservée mais dépréciée.

Comment recalculer l’amortissement après la dépréciation ?

La dépréciation modifie la base amortissable pour l’avenir. PCG, articles 214-14 et 214-17.

Dans notre cas, l’annuité de N reste de 20 000 €. À partir de N+1, le calcul devient 60 000 € / 4 ans = 15 000 €. On ne repart pas sur cinq ans.

À la clôture de N+1 : amortir la nouvelle base

CompteLibelléDébitCrédit
68112Amortissement annuel de la machine15 000 €
28154Amortissements du matériel industriel15 000 €

Avant le nouveau test, les amortissements cumulés atteignent 35 000 €. Avec les 20 000 € de dépréciation, la VNC est de 45 000 €.

Les calculs suivants présentent d’abord le suivi de la perte de valeur. Le transfert aux amortissements pour raisons fiscales est détaillé ensuite, avec son incidence sur les soldes des comptes.

Quelle reprise si la valeur de la machine remonte ?

Supposons qu’en fin de N+1, de nouveaux contrats justifient une valeur actuelle de 70 000 €. Deux montants doivent être comparés :

Contrôle à la clôture de N+1Montant
VNC avant reprise45 000 €
Valeur actuelle réestimée70 000 €
VNC sans aucune dépréciation : 100 000 − 2 × 20 00060 000 €
VNC maximale après reprise60 000 €
Reprise : 60 000 − 45 00015 000 €

La reprise ne peut pas porter la VNC au-dessus de celle obtenue sans dépréciation. Ce plafonnement est également exposé dans le cours de comptabilité financière d’IUT en ligne consacré aux reprises.

Enregistrer la reprise de 15 000 €

CompteLibelléDébitCrédit
2915Reprise de la dépréciation de la machine15 000 €
78162Reprise sur dépréciation corporelle15 000 €

Sans transfert aux amortissements à ce stade, le 2915 conserve 5 000 € : 100 000 − 35 000 − 5 000 = 60 000 €. Reprendre les 20 000 € initiaux aurait porté la VNC à 65 000 €, soit 5 000 € de trop.

Il reste trois années d’utilisation. La base de 60 000 € donne une annuité future de 20 000 €, sous réserve d’une nouvelle évolution des estimations.

Pourquoi transférer une dépréciation aux amortissements ?

Le recueil de l’ANC prévoit, pour des raisons fiscales, un transfert de la dépréciation vers les amortissements. Il correspond à l’écart entre l’annuité sans dépréciation et celle calculée sur la base réduite. Il se traduit par une reprise et une dotation complémentaire en résultat exceptionnel ; il ne change ni la VNC ni la base amortissable. Recueil ANC 2026, commentaires sous l’article 214-18, pages 66–67.

Dans notre exemple, le transfert de N+1 est de 20 000 − 15 000 = 5 000 €. Il s’ajoute aux écritures précédentes :

1. Reprendre la fraction transférée : 5 000 €

CompteLibelléDébitCrédit
2915Dépréciation transférée aux amortissements5 000 €
7876Reprise pour transfert fiscal5 000 €

2. Constater simultanément l’amortissement complémentaire

CompteLibelléDébitCrédit
6871Amortissement complémentaire — transfert fiscal5 000 €
28154Amortissements du matériel industriel5 000 €

Après le transfert de 5 000 € et la reprise de valeur de 15 000 €, le compte 2915 est soldé. Les amortissements cumulés atteignent 40 000 €, et la VNC reste de 60 000 €. Le transfert n’ajoute aucun produit net : ses deux écritures se compensent.

Si le logiciel a déjà effectué le transfert avant le test, le 2915 ne contient plus que 15 000 €. La reprise de valeur solde ce montant ; ne transférez pas une seconde fois les 5 000 €.

La dépréciation comptable est-elle déductible fiscalement ?

Pas automatiquement. Il faut justifier une perte probable et suffisamment précise. Une simple baisse des flux futurs ne suffit pas toujours. La valeur vénale fiscale s’apprécie sans déduction des coûts de sortie, et la déduction est limitée par la valeur nette fiscale, après prise en compte des amortissements dérogatoires. BOFiP, BOI-BIC-PROV-40-10-10, § 30 à 60, version du 5 août 2026.

Dans le dossier de notre machine, le calcul comptable de 20 000 € ne suffit donc pas à déterminer le montant fiscalement déductible. Il faut conserver les preuves de valorisation et suivre les fractions réintégrées afin de traiter correctement les reprises ultérieures.

Le transfert présenté ci-dessus ne doit pas être confondu avec un amortissement dérogatoire au compte 145 : ici, on déplace une fraction du 2915 vers le 28154, sans modifier la valeur nette du bien.

Quels contrôles conserver à la clôture ?

Pièce ou rapprochementCe qu’il doit permettre de vérifier
Fiche immobilisation et plan initialCoût, mise en service, durée, valeur résiduelle et amortissements déjà passés.
Dossier du testIndice de perte, périmètre retenu, valeur vénale et calcul de valeur d’usage.
Plan réviséAnnuité de 15 000 € après dépréciation, puis 20 000 € après le redressement retenu dans notre cas.
Mouvements du 2915 et du 28154Séparer la reprise liée à la valeur et le transfert aux amortissements.
Suivi fiscalDéduction admise, réintégration éventuelle et traitement de chaque reprise.

Pour le cas présenté, le contrôle final est 100 000 € de valeur brute − 40 000 € d’amortissements − 0 € de dépréciation = 60 000 € de VNC. Si le bien est ensuite vendu, utilisez cette situation actualisée pour préparer les écritures de cession d’immobilisation.

Questions fréquentes sur le compte 291

Le compte 291 remplace-t-il le compte 281 ?

Non. Dans notre cas, le 28154 retrace les amortissements de la machine et le 2915 sa dépréciation. Les deux diminuent la valeur nette présentée au bilan, tout en permettant des suivis distincts.

Faut-il réduire directement le compte 2154 ?

Dans l’écriture de dépréciation présentée, le coût reste à 100 000 € en 2154. La correction de valeur passe séparément en 2915 ; le registre conserve ainsi le coût et l’historique des ajustements.

Une hausse de valeur permet-elle de reprendre tous les amortissements ?

Non : dans l’exemple, la valeur actuelle remonte à 70 000 €, mais la VNC reste limitée à 60 000 € après reprise. Les deux années d’utilisation ne disparaissent pas du calcul.

Sources et hypothèses

Sources consultées le 1er octobre 2026. Cas original en comptes individuels français : machine conservée, durée de cinq ans inchangée, valeur résiduelle nulle, exercices de douze mois. Les écritures fiscales de liquidation de l’impôt ne sont pas chiffrées.