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Création d’une société : étapes, délais et coût 2026

Les étapes de création d’une société en 2026, avec une frise chronologique, des délais estimés et le coût total par forme juridique.

16 min de lecture
Création d’une société : étapes, délais et coût 2026
Sommaire de l’article

La création d'une société suit un ordre précis : choisir la forme et les règles entre associés, domicilier la structure, préparer les statuts, déposer le capital, signer, publier l'annonce légale, puis demander l'immatriculation sur le guichet unique. Pour une SASU ou une EURL simple, Bpifrance estime l'ensemble de ces formalités à 5 à 10 jours ouvrés. Retenez plutôt 2 à 4 semaines pour inclure les arbitrages, la banque et une marge de correction.

Frise chronologique de création d'une société

Des choix fondateurs à l'immatriculationDurée totale estimée : 2 à 4 semaines pour un dossier standard
  1. J-20 à J-15

    Cadrer le projet

    Valider activité, associés, financement, besoins de trésorerie et autorisations.

  2. J-15 à J-12

    Choisir la forme

    Arbitrer SASU, EURL, SAS ou SARL, fiscalité, statut du dirigeant, capital et gouvernance.

  3. J-12 à J-7

    Rédiger les statuts

    Fixer dénomination, siège, objet, apports, pouvoirs, décisions et transmission des titres.

  4. J-7 à J-4

    Ouvrir le compte

    Ouvrir le compte professionnel, verser les apports en numéraire et obtenir l’attestation de dépôt des fonds.

  5. J-3 à J-1

    Signer et publier

    Signer les statuts définitifs, nommer le dirigeant et recevoir l’attestation d’annonce légale.

  6. J0

    Déposer au guichet

    Transmettre le dossier et la déclaration des bénéficiaires effectifs sur le guichet unique.

  7. J+5 à J+10

    Obtenir le Kbis

    Suivre le contrôle, corriger si nécessaire et télécharger le justificatif d’immatriculation.

Délais indicatifs en 2026. Bpifrance retient 5 à 10 jours ouvrés pour une SASU/EURL simple et jusqu'à 2 ou 3 semaines pour une formalité complexe. La négociation entre associés peut ajouter du temps en amont.

La société n'acquiert sa personnalité morale qu'à son immatriculation. Avant cette date, les fondateurs doivent identifier soigneusement les engagements pris « pour le compte de la société en formation » afin qu'ils puissent être repris après sa naissance juridique.

Combien coûte la création d'une société en 2026 ?

Le coût administratif minimal pour créer une société en 2026 est d'environ 202 € pour une EURL, 224 € pour une SASU, 231 € pour une SARL, 292 € pour une SAS et 309 € pour une SCI. Ces estimations correspondent à une création réalisée sans accompagnement payant, au tarif national courant hors La Réunion et Mayotte.

FormeAnnonce légale 2026 HTImmatriculationBénéficiaires effectifsTotal administratif estimé TTC*
EURL124 €33,83 €19,33 €≈ 202 €
SASU142 €33,83 €19,33 €≈ 224 €
SARL148 €33,83 €19,33 €≈ 231 €
SAS199 €33,83 €19,33 €≈ 292 €
SCI191 €60,38 €19,33 €≈ 309 €

* Totaux arrondis calculés avec une TVA de 20 % sur l'annonce légale, dont le tarif officiel est publié hors taxes. Les frais d'immatriculation et de bénéficiaires effectifs sont ceux affichés par Service Public en août 2026. La facture du guichet et du support d'annonces légales fait foi. Les frais d'ouverture du compte professionnel ou de dépôt du capital ne sont pas inclus, car ils dépendent de l'établissement choisi.

Pour obtenir le budget complet, utilisez la formule : coût administratif du tableau + banque + domiciliation + assurance + accompagnement + achats de lancement. Une EURL constituée seul avec une banque sans frais de dépôt peut donc rester proche de 202 € ; une SASU comparable, proche de 224 €. Dès qu'un professionnel rédige les statuts, qu'un commissaire aux apports intervient ou qu'une activité impose une assurance, ajoutez les devis correspondants plutôt qu'un forfait générique. Pour distinguer frais de constitution et futures dépenses, consultez les charges sociales et fiscales à anticiper.

1. Valider le projet, le financement et les associés

Les formalités ne réparent pas un projet mal cadré. Avant de choisir un sigle juridique, préparez un budget de lancement comprenant le matériel, le stock, le dépôt de garantie, les assurances, la communication, les honoraires et plusieurs mois de besoin en fonds de roulement. Construisez en parallèle un plan de trésorerie pour repérer le point bas de cash après le lancement.

À plusieurs, mettez par écrit les points qui provoquent les futurs blocages :

  • les apports de chacun et le temps réellement consacré au projet ;
  • la rémunération des dirigeants et les dépenses remboursables ;
  • les majorités de décision et les sujets exigeant un accord renforcé ;
  • l'entrée d'un investisseur, le départ d'un fondateur et la valorisation des titres ;
  • la propriété de la marque, du logiciel, des fichiers clients ou des créations antérieures.

Cette discussion peut prendre deux heures dans une SASU et plusieurs semaines dans un projet associé complexe. C'est du temps utile : une clause claire coûte moins cher qu'un conflit.

2. Choisir entre SASU, EURL, SAS et SARL

Le nombre d'associés donne un premier filtre : SASU ou EURL pour entreprendre seul, SAS ou SARL à plusieurs. Mais le choix final doit croiser la gouvernance, l'impôt, la protection sociale et la trajectoire du capital.

QuestionOrientation à étudier
Entrée future d'investisseurs ?SASU ou SAS, souvent plus souple pour organiser les actions et les droits
Cadre familial ou stable ?EURL ou SARL, dont le fonctionnement est davantage encadré par la loi
Dirigeant rémunéré ?Comparer assimilé salarié en SAS/SASU et TNS pour le gérant majoritaire d'EURL/SARL
Projet immobilier civil ?Examiner la SCI et sa responsabilité indéfinie, sans la confondre avec une société commerciale

Le président de SASU ou SAS ne cotise pas à l'assurance chômage au titre de son seul mandat. Le capital minimal de 1 €, possible pour plusieurs formes, ne signifie pas qu'un capital de 1 € soit crédible ou suffisant. Approfondissez avec le comparatif SARL, SAS, EURL et SASU et le comparatif de protection sociale du dirigeant.

3. Choisir le nom, le siège, l'objet et la clôture

La dénomination sociale doit être disponible et ne pas porter atteinte à un droit antérieur. Une recherche rapide sur un moteur ne suffit pas toujours : vérifiez les entreprises, les marques et le nom de domaine correspondant au périmètre du projet.

La société doit aussi avoir un siège social justifié par un titre de propriété, un bail, une domiciliation ou une autre pièce admise. L'adresse personnelle d'un dirigeant figurant dans un acte peut, sous conditions, faire l'objet d'une demande d'occultation au moment de l'immatriculation.

L'objet social doit couvrir l'activité réelle sans devenir une liste infinie. Il influence les pouvoirs du dirigeant, l'assurance, le code APE et parfois l'éligibilité à un régime. Fixez enfin une date de clôture cohérente avec la saisonnalité et le temps nécessaire à la première période comptable.

4. Rédiger les statuts et nommer le dirigeant

Les statuts organisent la société : forme, durée, dénomination, siège, objet, capital, apports, exercice social et règles de décision. En SAS, la liberté statutaire rend la rédaction particulièrement importante. Un modèle générique peut oublier un droit de veto, une exclusion, une préemption ou une situation d'égalité des voix.

Le dirigeant peut être nommé dans les statuts ou dans un acte séparé. L'acte séparé évite de modifier les statuts lorsque la personne change, mais il faut garder une parfaite cohérence entre les documents.

En présence d'apports en nature, vérifiez si un commissaire aux apports est obligatoire. Si un bien est apporté, ne confondez pas son transfert à la société avec un simple prêt ou une mise à disposition.

5. Ouvrir le compte bancaire professionnel et déposer le capital

Pour une société commerciale comme la SAS, la SASU, la SARL ou l'EURL, le compte bancaire professionnel intervient dès la constitution : les apports en numéraire sont versés sur un compte bloqué auprès d'une banque ou d'un dépositaire habilité, qui remet une attestation de dépôt des fonds. Cette attestation est obligatoire dans le dossier d'immatriculation.

La SCI fait exception : elle n'est pas soumise à l'obligation générale d'ouvrir un compte professionnel et le dépôt de son capital est facultatif. Un compte distinct reste vivement recommandé pour prouver les apports, suivre les loyers et charges et ne pas mélanger l'argent de la société avec celui des associés.

Dans quel ordre ouvrir le compte de la société ?

  1. comparez les frais d'ouverture, de dépôt du capital, d'abonnement, de carte et de virements ;
  2. transmettez le projet de statuts, l'identité des associés et dirigeants, le justificatif du siège et les informations sur l'activité et l'origine des fonds ;
  3. versez le capital sur le compte provisoire bloqué ;
  4. récupérez l'attestation de dépôt pour immatriculer la société ;
  5. après réception du Kbis, transmettez-le à la banque afin de débloquer les fonds et activer le compte courant définitif.

Le délai dépend du contrôle de l'établissement. Anticipez les justificatifs sur l'origine des fonds, l'identité des associés, le projet de statuts et le siège. Un dossier bancaire incomplet peut retarder toute la suite, puisque l'attestation doit rejoindre le dossier d'immatriculation.

Les fonds ne sont pas perdus ni facturés : ils constituent le capital de la société. Après l'immatriculation, ils sont débloqués sur le compte de l'entreprise et peuvent financer ses dépenses, sous réserve de l'intérêt social et d'une comptabilisation correcte. Le guide des écritures de constitution explique le passage du capital souscrit au capital versé ; celui du rapprochement bancaire aide ensuite à contrôler les premiers flux.

Une banque peut refuser l'ouverture. Demandez alors une attestation de refus : elle permet d'engager la procédure de droit au compte professionnel auprès de la Banque de France. Comme la validation bancaire peut prendre plusieurs jours, lancez cette étape avant de promettre une date ferme d'immatriculation.

6. Signer les statuts et publier l'annonce légale

Une fois les informations et le capital finalisés, les associés signent les statuts définitifs. La société est constituée par cette signature mais n'obtient sa personnalité morale qu'à l'immatriculation.

L'avis de constitution doit ensuite être publié dans un support habilité à recevoir des annonces légales dans le département du siège. L'attestation de parution est jointe au dossier. Les tarifs forfaitaires 2026 sont intégrés au récapitulatif des coûts ci-dessus. Ils sont supérieurs à La Réunion et à Mayotte et diffèrent pour d'autres formes : vérifiez le simulateur officiel au moment de publier.

7. Déposer le dossier d'immatriculation

La demande est transmise sur le guichet unique des formalités d'entreprises. Pour une SASU, SAS, EURL ou SARL standard, le dossier comprend notamment :

  • les statuts datés et signés ;
  • l'acte de nomination si le dirigeant n'est pas nommé dans les statuts ;
  • le justificatif du siège ;
  • l'attestation de parution de l'annonce légale ;
  • l'attestation de dépôt des fonds et, selon la forme, la liste des souscripteurs ;
  • la pièce d'identité et la déclaration de non-condamnation et de filiation du dirigeant ;
  • le justificatif requis pour une activité réglementée ;
  • la déclaration des bénéficiaires effectifs.

En août 2026, Service Public affiche 33,83 € pour l'immatriculation d'une société commerciale au RCS et 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs. Pour une société civile, l'immatriculation est affichée à 60,38 €, auxquels s'ajoutent les 19,33 €. Ces montants n'incluent ni annonce légale, ni banque, ni accompagnement juridique ou comptable.

8. Suivre l'immatriculation et débloquer les fonds

Après le dépôt, le guichet délivre un RDDCE « En attente d'immatriculation », valable au maximum un mois. Bpifrance retient 5 à 10 jours ouvrés pour une SASU ou une EURL simple et jusqu'à 2 ou 3 semaines pour une société comportant une complexité, comme des apports en nature ou une activité réglementée.

Si une régularisation est demandée, les pièces manquantes doivent être transmises sous 15 jours ouvrables. Une fois l'immatriculation validée, contrôlez le Siren, le Siret, le code APE et l'extrait Kbis, puis envoyez le justificatif au dépositaire pour débloquer le capital.

ExempleBudget et calendrier d'une SASU de conseil

Marc arrête ses choix le lundi et finalise ses statuts le mercredi. Sa banque valide le dépôt de 3 000 € de capital le lundi suivant. Il signe les statuts et publie l'annonce légale le mardi, puis dépose le dossier au guichet le mercredi. L'immatriculation est validée six jours ouvrés plus tard. Les 3 000 € sont une ressource de la société, pas un coût. Son coût administratif est d'environ 224 € TTC : annonce légale de 142 € HT, immatriculation de 33,83 € et déclaration des bénéficiaires effectifs de 19,33 €. Peuvent encore s'ajouter les frais de banque et l'accompagnement qu'il choisit.

Les démarches des 30 premiers jours

Après l'immatriculation :

  1. débloquez le capital et activez les moyens de paiement ;
  2. reprenez formellement, lorsqu'ils ont été documentés, les actes passés pour la société en formation ;
  3. souscrivez les assurances avant toute intervention couverte par une obligation ;
  4. mettez en place la comptabilité, les justificatifs, la facturation conforme et le suivi de TVA ;
  5. créez les espaces fiscaux et sociaux et surveillez les courriers d'affiliation ;
  6. demandez l'Acre sous 60 jours si le dirigeant remplit les conditions détaillées dans le guide des aides à la création d'entreprise ;
  7. documentez la rémunération et les remboursements de frais du dirigeant avant les premiers flux.

Si vous ne tenez pas la comptabilité seul, choisissez le professionnel et le circuit de transmission des pièces avant les premiers achats ; le comparatif aide à arbitrer entre cabinet comptable en ligne et cabinet de proximité.

Les erreurs qui font perdre du temps

  • choisir une forme sur le seul critère du taux de cotisations ;
  • signer des statuts génériques sans traiter les sorties et les blocages ;
  • utiliser une dénomination sans recherche d'antériorité suffisante ;
  • verser un capital symbolique incompatible avec les premières dépenses ;
  • signer ou publier une annonce avec une version différente des statuts ;
  • oublier un bénéficiaire effectif, un dirigeant ou une pièce de domiciliation ;
  • engager une dépense avant l'immatriculation sans organiser sa reprise ;
  • confondre le dépôt du dossier avec l'immatriculation effective.

Questions fréquentes

Peut-on créer une société en une semaine ?

Oui pour une SASU ou une EURL très simple lorsque les choix, les statuts, le capital et les justificatifs sont prêts. Bpifrance donne un repère de 5 à 10 jours ouvrés. Une marge de 2 à 4 semaines reste plus prudente.

Quand la société existe-t-elle juridiquement ?

Les statuts signés constituent la société entre les associés, mais la personnalité morale naît à l'immatriculation. Avant celle-ci, la société est en formation et les actes doivent être pris et repris selon les règles applicables.

Faut-il déposer le capital avant de signer les statuts ?

En pratique, un projet de statuts sert au dépôt. L'attestation de dépôt permet ensuite de finaliser et signer les statuts définitifs. Veillez à conserver les mêmes montants, associés et répartition dans tous les documents.

Le compte bancaire professionnel est-il obligatoire pour créer une société ?

Oui pour une société commerciale comme une SASU, SAS, EURL ou SARL : le compte professionnel permet de déposer le capital et d'obtenir l'attestation exigée pour l'immatriculation. La SCI n'est pas soumise à cette obligation générale, mais un compte séparé reste fortement recommandé. Les frais bancaires sont variables et s'ajoutent aux coûts administratifs du tableau.

Le capital social est-il un frais de création ?

Non. Le capital appartient à la société après son immatriculation et sert à financer son activité. Les frais de création sont notamment l'annonce légale, l'immatriculation, la déclaration des bénéficiaires effectifs et les honoraires éventuels.

Quel est le coût total pour créer une SASU ou une EURL en 2026 ?

Comptez environ 224 € TTC pour une SASU et 202 € TTC pour une EURL au tarif national courant, si vous effectuez vous-même les démarches. Ces montants comprennent l'annonce légale, l'immatriculation et la déclaration des bénéficiaires effectifs. Ils excluent le compte bancaire, la domiciliation, l'assurance et les honoraires facultatifs. Le capital social ne s'ajoute pas au coût puisqu'il reste dans la société.

Peut-on commencer à travailler avant le Kbis ?

Des actes peuvent être accomplis pour le compte de la société en formation, avec cette mention sur les documents et un mécanisme de reprise. Comme la société n'a pas encore de personnalité morale, les fondateurs doivent mesurer le risque et faire valider les engagements importants.

Sources officielles